Auteur/autrice : alain

  • INVITATION À UNE CONFÉRENCE-DÉBAT

    État de droit et justice sociale : quels enjeux pour notre démocratie ?

    Vendredi 30 octobre à 20 h 30
    Salle du conseil municipal de Laval

    La section de Laval de la LDH (Ligue des droits de l’Homme) vous invite à une soirée de réflexion et d’échanges en présence de Nathalie TEHIO, présidente nationale de la LDH.

    À l’heure où les principes républicains, les libertés fondamentales et l’État de droit font l’objet de remises en cause, il est essentiel de s’interroger sur l’avenir de notre démocratie et sur les moyens de la défendre.

    Mais qu’est-ce que l’État de droit sans une véritable justice sociale ?

    Le respect des droits et des libertés, l’égalité devant la loi, la lutte contre les discriminations et l’accès effectif à la justice sont autant de conditions indispensables pour que chacune et chacun puisse vivre dignement et exercer pleinement ses droits.

    La justice sociale, fondée sur l’égalité, la solidarité et la lutte contre les inégalités, est indissociable de la défense des droits humains. Elle constitue un enjeu majeur pour construire une société plus juste, plus fraternelle et respectueuse de toutes et tous.

    Face à la progression des idées d’extrême droite et aux risques qu’elles font peser sur les libertés et les principes républicains, la LDH poursuit son engagement pour défendre les droits humains et promouvoir une démocratie vivante, garante des libertés et de la justice sociale.

    Venez en débattre avec nous !

    Cette rencontre sera l’occasion de mieux comprendre les enjeux actuels, de partager nos interrogations et de réfléchir collectivement aux réponses à apporter pour préserver l’État de droit et faire progresser la justice sociale.

    Entrée libre et ouverte à toutes et tous.

    La section de Laval de la LDH – Ligue des droits de l’Homme

     

  • Videosurveillance: la LDH 53 s’adresse aux maires

     

    Le 24 août 2026

    Objet : Vidéosurveillance

    Madame la Maire,

    Monsieur le Maire,

    Le sujet vidéosurveillance ou vidéoprotection est dans l’actualité de notre département.
    Compte tenu des pouvoirs et responsabilités qui sont les vôtres, nous tenons à porter votre attention sur un sujet dont nous estimons qu’il a un impact particulier sur les libertés fondamentales.

    Si nous n’ignorons pas les pressions actuelles, médiatiques, gouvernementales et de pouvoirs publics mayennais poussant au déploiement des caméras au sein des municipalités, nous souhaitons rappeler que leur mise en place n’a rien d’inévitable et constitue un choix politique autant qu’elle implique des obligations juridiques.

    Le recours aux caméras de vidéosurveillance ne permet pas nécessairement un renforcement de la
    sécurité publique, comme la Cour des comptes l’a relevé dans son rapport de 2020 sur les polices
    municipales : « aucune corrélation globale n’a été révélée entre l’existence de dispositifs de
    vidéoprotection et le niveau de la délinquance commise sur la voie publique ou encore le taux
    d’élucidation ».

    Pour ce qui est de notre département de la Mayenne, chacune et chacun reconnaît sa tranquillité, et la qualité des liens entre ses habitants, gage de sécurité collective. Nous notons comme vous que notre département est en bas de tableau du classement des problématiques de délinquance. Nous constatons aussi que ce qui augmente de façon préoccupante, ce sont les violences intrafamiliales, qui ne seraient en aucun cas réduites par la vidéosurveillance.

    Juridiquement, le recours à ces caméras suppose d’en démontrer autant la nécessité que la
    proportionnalité. Le visionnage et la conservation des images captées doivent se faire dans le cadre défini par la loi. Le public doit être informé de l’existence de ces caméras, afin notamment de pouvoir bénéficier des droits qui lui sont conférés par le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD). Il peut notamment accéder aux images le concernant.

    La LDH, conformément à sa mission de défense des droits fondamentaux, engagera en justice toute action utile permettant de faire respecter ces différents droits.

    Nous souhaitons, également, souligner les risques induits par le déploiement de ces caméras au regard du développement effréné des technologies de surveillance. En effet, les matériels et logiciels de surveillance sont désormais dotés de technologies d’automatisation de tâches et de croisement de données, de lectures de plaque d’immatriculation. Ainsi la fuite en avant des technologies toujours plus performantes et sans réel contrôle de leur usage fait craindre un futur de surveillance de tous partout. C’est pourquoi, le choix de mettre en place des caméras aujourd’hui c’est, nolens volens, ouvrir la voie à une techno-surveillance des populations.

    Ces dispositifs supposent par ailleurs des coûts importants. Si l’État incite aux installations en prenant en charge une partie de l’investissement, le fonctionnement revient aux collectivités territoriales. Or, il nous semble que, particulièrement en Mayenne, la vidéosurveillance n’est pas un besoin prégnant.

    De manière plus générale, nous demandons la tenue d’un débat citoyen sur la pertinence
    et les effets des caméras de vidéosurveillance, sur leur impact concret, particulièrement dans les espaces ruraux, ainsi que l’exploration de voies alternatives respectueuses des droits humains.

    Notre section est à votre pleine et entière disposition afin d’échanger sur ces problématiques et de
    participer à la tenue d’un débat citoyen et démocratique au sein de votre commune relatif à la
    surveillance de l’espace public.

    Je vous prie d’agréer, Madame la Maire, Monsieur le Maire, l’expression de nos sentiments
    distingués.

    Loïc Bedouet

    Alain Voisin

    coprésidents

  • Pour les droits humains ici et partout dans le monde: une initiative soutenue par la LDH 53

    indépendance et libertés : peut-on célébrer l’une sans garantir les autres ?

    18h00 – 18h20
    •⁠ ⁠Accueil du public
    Musique en fond sonore
    •⁠ ⁠Projection de photos du Tchad (culture, paysages, population, vie quotidienne)
    •⁠ ⁠Exposition de photos des hommes politiques emprisonnés

    18h20 – 18h35
    •⁠ ⁠Ouverture officielle
    •⁠ ⁠Mot de bienvenue
    •⁠ ⁠Présentation des objectifs de la soirée
    •⁠ ⁠Minute d’hommage aux personnes décédées ou emprisonnées pour leurs engagements civiques
    18h35 – 19h00
    Moment musical (KKS) : tour de chant

    19h00 – 19h45
    Conférence-débat : Le Tchad 65 ans après l’indépendance : où en sont les libertés ?

    Intervenant : Kaar Kaas Sonn

    •⁠ ⁠Arrestations et restrictions des libertés politiques.
    •⁠ ⁠Quel rôle jouent les partenaires internationaux, dont la France, dans les relations avec le Tchad ?
    •⁠ ⁠Comment la diaspora peut-elle contribuer au débat public ?

    19h45 – 20h00
    Témoignages : courtes interventions

    20h40 – 20h55
    Appel citoyen

    •⁠ ⁠déclaration finale et appel en faveur du respect des droits fondamentaux au Tchad.

    20h55 – 21h00
    •⁠ ⁠Clôture
    •⁠ ⁠Remerciements
    •⁠ ⁠Photo collective

  • Synthèse des Résolutions LDH 2024 & 2026



    APPEL DE LA LDH


    Aux citoyennes et citoyens : Nous appelons à se mobiliser et à faire entendre une voix forte de résistance et d’opposition, de solidarité et d’espoir, en suivant l’exemple de celles et ceux qui dans le monde résistent face aux régimes fascistes et illibéraux, et remportent des victoires.
    Aux forces progressistes : Nous appelons à dépasser les divergences, à entendre les voix de la société civile, et à permettre à l’espoir de se traduire dans les urnes par la construction d’une alternative écologique, sociale et démocratique.
    Aux libéraux : Nous appelons à prendre la mesure du péril. Ils doivent choisir de défendre le cadre de l’État de droit et la démocratie tout en acceptant des politiques publiques qui reviennent sur les précarités imposées depuis des décennies et améliorent l’accès effectif aux droits.

    L’histoire nous enseigne que les démocraties ne disparaissent pas brutalement, mais se désagrègent lorsqu’elles cessent d’être défendues.

    Aujourd’hui, l’urgence est là. Il s’agit de débattre, mais aussi
    d’agir, de voter, de s’unir et de se mobiliser. Contre la loi du plus fort, nous faisons le choix des droits, de la démocratie et de l’État de droit.

  • rendez vous place du 11 novembre à Laval

    Samedi 21 mars 2026

    Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale

     

    « Jusqu’aux décolonisations, images et discours de glorification furent les alliés puissants de la colonisation qui a servi de socle sur lequel la France a légitimé son œuvre outre-mer pendant qu’elle l’élaborait. Quelles représentations a-t-elle donc produites et quelles traces a-t-elle laissées dans notre inconscient collectif ? Pour y répondre, il faut plonger dans le « bain colonial » et analyser les images et les discours qui ont accompagné cette longue histoire. Ces images, omniprésentes, qui s’immisçaient dans chaque moment de la vie, des images de propagande, des images de séduction (cinéma, publicité, spectacle…), mais aussi des images éducatives et divertissantes, des images faites souvent d’exotisme et parfois de violence, des images de promotion économique ou de recrutement militaire pour soutenir l’action coloniale.

    Elles ont non seulement mis en scène le « destin civilisateur de la France », mais elles ont également diffusé dans toute la société une véritable culture coloniale. Il faut expliquer les mécanismes de fabrication de ces images pour comprendre comment elles ont diffusé, en profondeur, les messages de la propagande capable de séduire un large public, et imprimé dans les esprits des représentations des populations colonisées qui ont participé de la construction du racisme et des discriminations. Cinquante-cinq ans après les décolonisations, cette exposition se présente comme un lieu de mémoire ; elle vise à mieux connaître les images d’hier pour décoder nos représentations d’aujourd’hui et comprendre autrement l’histoire coloniale de la France. »

    In « Images et colonies en France » ; Pascal BLANCHARD

    télécharger l’image Visuel expo 21 mars corrigé 

  • Semaines Ensemble Luttons Contre les Discriminations 2026

    Collectif Unissons Nos Différences

    Editorial

    Le contexte géopolitique actuel, chaotique et inquiétant ne fait que renforcer l’idée que notre collectif

    Unissons Nos Différences a toute sa place et toute sa légitimiste dans le tissu territorial ; être unis pour lutter contre toutes les discriminations n’est pas seulement un combat, c’est un passeport pour le bien-être et la pérennité des générations futures et de l’humanité ; aller vers l’autre, c’est renoncer a l’indifférence et promouvoir le bien vivre ensemble.

    Le président de l’AMAV

    Didier Beaudet

    ——————————————————————————————————————–

    6 mars : partenariat Ligue de l’enseignement, l’Avant-Scène – Citoyen du Monde →

    autour du film “Tilo Koto“, a l’Avant-Scène à Laval (présence de la réalisatrice et

    d’un acteur) ;

    8 mars : partenariat MPF – Les Possibles → Course solidaire : ≪ Ensemble contre

    les violences conjugales ≫, au Bois de l’Huisserie ;

    12 mars : ENOSIA → soirée “repas pizza” + ciné-débat autour du film “Et vous,

    vous ne dites rien ?“, résidence Nicole Peu a Laval ;

    21 mars : “journée internationale pour l’élimination de la discrimination

    raciale”

    le Conseil des jeunes de la ville de Laval prévoit d’organiser des animations-jeux sur la place du 11 novembre.

    Des stand sur la place avec la LDH, ATD , Hébergeurs solidaires,

    21 mars : partenariat Accueil et Espoir – Theatre du Tiroir → autour du film “Le

    Grand Débat” ;

    24 mars : partenariat La Vigie – Le Vox → Ciné-débat autour de la santé mentale ;

    28 mars : partenariat LDH – Avant-Scène 16 h

    Ciné-débat autour du film ≪Armageddon Time ≫ ; sur le racisme

    Vacances d’avril : partenariat AMAV – Autre Radio → Micro-trottoir avec et par les

    Voyageurs ;

    Juin : partenariat AMAV – Les Possibles → Exposition sur les gens du voyage

    aux Possibles.

  • Vidéosurveillé : le voulons nous ?

    Des caméras aux entrées des collèges

    Le Conseil départemental veut installer des caméras autour de tous les collèges, et en particulier pour surveiller les entrées et les sorties des élèves, des enseignants et du personnel. La motivation affichée serait qu’il faudrait lutter contre les violences, les trafics et le racket à l’entrée des collèges, dixit M. le président du Conseil départemental.

    Mais qu’en est-il ? Aucun chiffre, aucune étude ne vient justifier ces affirmations qui nécessiteraient de surveiller les entrées des collèges avec des caméras. Les personnels, les agents et les parents d’élèves, quand ils sont consultés, affirment que l’entrée des collèges n’est pas un lieu d’insécurité. Il n’y a pas de crimes ni de délits devant les collèges. Ce qui fait alors tomber l’argument de l’utilité des caméras pour confondre les auteurs de délits.

    Ce n’est ni un besoin ni une demande des parents d’élèves et des enseignants. La décision est prise d’autorité, sans concertation ni étude préalable. L’impact de la surveillance est pourtant important. Le passage des élèves, des enfants et adolescents de 11 à 15 ans, serait filmé et enregistré. Or les noms de ces enfants sont connus. Ainsi se crée de fait un fichier nominatif des entrées et sorties. Le respect de la législation ne semble pas ici assuré. Enfin, les caméras sont d’une efficacité nulle pour protéger contre des intentions criminelles telles que l’entrée de personnes avec des couteaux dans l’enceinte scolaire.

    Alors pourquoi cette volonté d’imposer des caméras de surveillance dans les collèges ?

    Il y a une volonté politique de coller à un esprit sécuritaire largement entretenu par certains médias. Les chaînes radio et TV du groupe Bolloré en sont un puissant vecteur. L’équipement des collèges est annoncé en même temps qu’un projet de centre départemental de supervision. Ce centre collecterait et centraliserait les images de toutes les caméras des collèges, mais aussi celles des communes qui s’y raccorderaient. L’outil est envisagé pour accélérer la mise en place de la vidéosurveillance dans les petites communes.

    Ce type de centre de supervision demande des moyens importants en personnel, ce qui entraîne des coûts de fonctionnement importants. Beaucoup d’argent public donc, mais pour quelle efficacité et pour quels résultats ? Y aurait-il une réduction des incivilités, une baisse de la délinquance, un arrêt des trafics ? Là où de tels centres de supervision existent, dans des agglomérations telles que Nice ou Nantes, il n’y a pas moins qu’ailleurs de trafics et d’incivilités. Mais la population est surveillée. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : surveiller, contrôler.


    Les caméras surveillent

    En fait de sécurité, les caméras surveillent, elles ne sécurisent pas. Cette surveillance qui s’étend doit-elle être acceptée comme un moindre mal, une petite entorse à nos libertés d’aller et venir ? « Après tout, je ne commets pas de crimes ni de délits et je n’ai rien à cacher. » Rien à cacher, vraiment ? Nos déplacements, nos horaires, nos rencontres, nos habitudes, nos enfants, ce qui fait notre vie : tout cela sous surveillance ?

    La surveillance généralisée est l’instrument des régimes totalitaires pour asservir la population. Pas transposable en France, certes, mais qu’en est-il des contrôles et des limites prévus par la loi pour garantir que les caméras ne sont pas excessivement déployées et utilisées à des fins non légales ?

    La loi donne par exemple pouvoir à la commission départementale de vidéo de contrôler les installations. Mais elle n’en a ni les moyens, ni la volonté, ni les compétences techniques, et rien n’est jamais contrôlé. Les autorisations d’installation de caméras relèvent d’une décision préfectorale qui, selon la loi, doit vérifier que les caméras répondent à une nécessité et que leur installation est proportionnée aux risques éventuels. Dans le cas des collèges de la Mayenne, il n’y a ni nécessité ni proportionnalité au risque puisqu’il est inexistant. Pourtant, la préfecture a autorisé les caméras pour les collèges lavallois.

    Dans les petites communes, le maire et des adjoints peuvent accéder aux images enregistrées. Est-ce bien le rôle d’un élu de surveiller les allées et venues de la population ? À l’échelle d’un petit village, il n’est pas difficile d’imaginer les conséquences désastreuses d’une telle surveillance sur le bien-vivre ensemble.

    Ainsi, de glissement en glissement, d’abandon en abandon des règles, le sécuritaire prend le dessus et justifie tout. Jusqu’où ?

    À Laval, la place du 11-Novembre, tout juste rénovée, est équipée de caméras panoramiques dernier cri. Et ces caméras sont reliées directement au commissariat. Qu’en est-il alors du droit de manifester ? Les manifestations sont sous surveillance. Faut-il se dire : « Pas grave, de toute façon on est connus et en plus on est libres de manifester », ou bien s’en inquiéter ? Ne faudrait-il pas exiger que, lors des manifestations revendicatives ou politiques, le visionnage soit suspendu ? Qu’en serait-il si un pouvoir d’extrême droite était aux commandes ?


    Les technologies au service de la surveillance

    Les caméras sont de plus en plus performantes en termes de résolution, de portée et de capacité d’analyse des images. Les caméras d’entrée de ville ou de quartier lisent et enregistrent les plaques d’immatriculation des véhicules. Les images sont stockées sous forme de fichiers numériques et elles sont organisées avec des logiciels de plus en plus performants.

    Ici et là en France, des communes ont été prises la main dans le sac car elles avaient activé la fonction de reconnaissance faciale sur le logiciel communal. Précisons que cette activation résulte d’un simple clic permettant d’activer ou non cette fonction. La reconnaissance faciale est interdite par la loi et les conventions européennes. C’est une limite, une ligne à ne pas franchir. Mais en l’absence de contrôle ?

    La CNIL a un pouvoir de contrôle. Dotée de seulement 200 collaborateurs, elle n’a pas les moyens suffisants pour le faire. D’ailleurs, certains élus demandent sa suppression. Surveiller sans entrave !

    L’imagination et le développement du marché juteux de la surveillance poussent en avant des solutions techniques de plus en plus inquiétantes. Ainsi, la vidéosurveillance algorithmique est désormais autorisée. Il s’agit de détecter des comportements, de suivre une personne dans ses déplacements. C’est un palier de plus vers la reconnaissance faciale, c’est-à-dire l’identification des personnes dans l’espace public.

    Ainsi, installer aujourd’hui des caméras, c’est d’ores et déjà permettre une surveillance des déplacements et des comportements, ainsi que l’enregistrement des numéros de plaques d’immatriculation. Et demain, la reconnaissance faciale, parce que la technique le permet déjà. Voulons-nous cela ? Acceptons-nous ce glissement sécuritaire et liberticide ?


    Des initiatives citoyennes

    Le fait que les collectivités locales, dirigées par des équipes de droite ou de gauche, aient intégré la vidéosurveillance dans leurs choix, avec certes des nuances, n’éteint pas la légitime défiance citoyenne. Les syndicats d’enseignants, unanimes, et les associations de parents d’élèves organisent le refus des caméras dans les collèges. Les instruments sécuritaires du pouvoir sont contestés. Des cartographies des caméras de surveillance sont réalisées sur des sites collaboratifs afin d’amener plus de transparence, d’informer et d’alerter.

    Alors que les citoyens ont intégré les technologies dans leur quotidien — smartphones — et parfois laissé filer les intrusions et les surveillances liées à leur usage, un mouvement de défiance et une prise de recul prennent cependant forme.

    La Commission nationale consultative des droits de l’homme, dans un avis récent sur la vidéosurveillance, rappelle que : « Ce qui se joue en définitive, c’est un choix de société : assurer la primauté de la liberté, des corps et des esprits… ». L’espace public est fondamentalement un lieu de liberté : liberté d’expression, liberté d’aller et venir. Toute personne a droit au respect de sa vie privée, et la liberté d’aller et venir est un droit fondamental qui ne saurait être écorné, minimisé ou remis en cause.


  • Vidéosurveillance des collèges : c’est non !

    La LDH avec les syndicats d’enseignants, CGT, CFDT, FO, FSU, Sud, et l’association de parents d’élèves FCPE, engagent ensemble l’action contre l’installation de caméras dans les collèges. Cette action est ouverte à tous ceux qui veulent nous rejoindre.

    Alors, si vous aussi vous ne voulez pas vivre sous surveillance, vous pouvez agir.

    Demande d’informations:

    Nom

    Caméras à l’entrée des collèges : la jeunesse sous surveillance

    Le Président du conseil départemental de la Mayenne, Olivier RICHEFOU, a annoncé dans la presse locale son intention d’installer des caméras de vidéo surveillance à toutes les entrées des collèges publics, soit 128 au total.

    Une telle décision mérite de s’y attarder tant au niveau du fond que sur la forme.

    En effet, en dépit de son déploiement massif ces dernières années, la vidéosurveillance suscite de nombreuses critiques.

    Comme l’a rappelé le « guide méthodologique de vidéoprotection » du ministère de l’intérieur, les systèmes de vidéosurveillance, « dans le soucis de concrétiser la sûreté en sécurisant la liberté d’aller et venir » risquent – si des précautions ne sont pas prises- « de porter une atteinte excessive au respect de la vie privée ».

    En conséquence, indiquait la Cour Des Comptes « la décision d’autoriser l’implantation d’un tel dispositif doit résulter d’une appréciation de la proportionnalité entre la réduction de l’insécurité et l’augmentation du risque d’atteinte à la vie privée résultant de chaque dispositif. »

    Droit à la vie privée, liberté d’aller et venir, protection des données personnelles….la vidéosurveillance constitue donc bien une atteinte aux libertés publiques, qu’il faut strictement encadrer.

    Devant cet état de fait, la cour européenne des droits de l’homme émet des garde fous, et considère ainsi que tout dispositif de surveillance doit être à la fois nécessaire et strictement proportionné au but poursuivi.

    Concernant le but poursuivi, aux dires même du président RICHEFOU, je cite : « il n’y a pas d’élément déclencheur ou de problème de sécurité… ».

    La nécessité n’est donc pas, dans le cas présent, clairement reconnu par le décideur lui-même.

    De plus, la notion de « strictement proportionné » s’avère ici erronées.

    Autant on peut considérer qu’il peut y avoir des difficultés aux abords d’un collège précis…mais cet état de fait ne peut à lui seul justifier un déploiement de caméras sur l’ensemble du département…la réponse du conseil départemental, pour peu qu’elle soit justifiée, (ce qui reste à prouver) apparaît donc bien disproportionné.

    En effet, sur quelles données quantifiables s’appuie la décision du conseil départemental ? Quelles études démontrent que l’insécurité aux abords des collèges en Mayenne est en augmentation telle, qu’elle exige de « bunkériser » les lieux d’apprentissage et d’accueil de la jeunesse?

    Force set de constater que ces nouvelles techniques sont mises en œuvre avant toute analyse scientifique, sans aucune évaluation à priori de la proportionnalité entre les exigences de sécurité (réelles , supposées ou suscitées) et la protection des données personnelles et de la vie privée ( reconnaissance faciale, interconnexions des fichiers d’images entre différents opérateurs etc…)

    A noter, que nationalement, les études scientifiques récentes concluent unanimement à l’inefficacité généralisée de la vidéosurveillance.Dès 2020, la Cour des Comptes relevait ainsi l’absence de toute corrélation entre la présence de caméras de surveillance et le niveau de la délinquance, ou encore le taux d’élucidation.

    Sur la forme enfin :

    Sur un sujet tel la vidéosurveillance qui impacte le quotidien de chacun, il est étonnant de constater que le président du conseil départemental n’ait à aucun moment,( à notre connaissance) engager une réflexion avec les premiers concernés que sont les professionnels qui œuvrent dans les collèges via leurs organisations syndicales représentatives, ainsi que les associations de parents d’élèves.

    De plus ,sur un tel sujet de la sécurité des collégiens, la réflexion et la réponse n’appartient-elle pas en premier lieu au conseil d’établissement ?

    En niant les corps intermédiaires – éléments structurels de la démocratie-,

    En voulant imposer sans discernement la vidéosurveillance sur l’ensemble du département,

    En ne tenant pas compte de la proportionnalité dans la mise en place de tels dispositifs,

    Le Président du conseil départemental , Olivier RICHEFOU , joue le tout sécuritaire au détriment du pédagogique et de la prévention des incivilités.

    Ces orientations ont pourtant un coût payer par les contribuable : 450 000 € prévu pour le déploiement des caméras, sans compter les coûts de fonctionnement par la suite (visionnage, analyse des images, entretien du matériel…)

    Faut-il déceler au travers de cette décision une approche purement politicienne en période pré-électorale ? La réponse est sans doute dans la question.

    Aujourd’hui vous allez revenir sur le sujet des caméras

    avec un question : Vidéo protection ou vidéo surveillance ?

    Vidéo protection et vidéosurveillance ? Quelle différence ? Pourquoi ces deux mots ?

    Des candidats aux élection municipales font des promesses de vidéoprotection.

    Alors pourquoi ces deux mots et quelle est leur origine et leur signification ?

    Avant 2012 le seul mot qui était utilisé était le mot vidéo surveillance.

    En 2012, une loi est votée pour augmenter le nombre de caméras dans les rues, dans l’espace public.

    C’est alors que le mot vidéo protection arrive dans le langage et dans la loi.

    En effet pour vendre la mise en place de caméras dans les rues, le mot protection est choisi car il est plus sécurisant, il est plus positif que le mot surveillance, parce que la population est souvent réticente à l’installation de caméras.

    Donc, vidéosurveillance et vidéoprotection c’est bien la même chose, ce sont des caméras qui surveillent, qui enregistrent.

    Vous dites : des caméras qui nous surveillent ?

    A quoi servent ces cameras ? Ces caméras apportent elle de la sécurité ? Est ce qu’elles nous protègent ?
    Elles n’empêchent ni les agressions, ni les vols, ni les violences.
    Elles regardent.
    Elles enregistrent.

    Et pour parler d’un drame récent, elles n’empêchent pas un agresseur de rentrer avec un couteau dans un collège.

    Oui mais, nous dit on, elle peuvent servir pour les enquêtes policières.

    Pour savoir si c’est utile pour résoudre les crimes et délits, il faut se tourner vers des études sérieuses.

    Une étude de la gendarmerie, elle même, nous dit que c’est utile dans 1,5 % des cas, 1,5 %.

    Donc ce n’est pas efficace .

    Pas efficacité pour la sécurité mais bel et bien une surveillance , suivi des déplacements.
    Contrôle des allées et venues.

    La gendarmerie recommande d’en installer aux entrées et sorties des villes.
    Pour savoir qui entre. Qui sort. Quand. Par où.

    Les caméras enregistrent les numéros de plaque d’immatriculation des véhicules.

    Et nos libertés dans tous ça, qu’en est il ?

    Les caméras, ce n’est pas de la sécurité.
    Et c’est inquiétant pour nos libertés.

    On nous répond souvent :
    « Si vous n’avez rien à cacher, vous n’avez rien à craindre ».

    Mais qui peut dire qu’il n’a rien à cacher ?
    Nos déplacements. Nos rencontres. Nos habitudes. Nos trajets. Nos horaires. Notre vie.

    La liberté d’aller et venir est un droit fondamental.
    Un droit essentiel.
    Un droit qui ne se surveille pas.

    Une société où chacun est observé en permanence
    n’est pas une société plus sûre.
    C’est une société plus obéissante.

    Et ce n’est pas un hasard.
    Les caméras sont un outil central des régimes autoritaires. Chine. Iran. Russie.

    Surveiller pour contrôler.

    Quel est le coût de ces installations ?

    Les caméras, ça coûte cher.

    La cours de comptes estime le coût d’une caméra à 10 000 €. L’exploitation et l’entretien coûte cher.

    Alors que les budgets de santé, d’éducation, de sécurité sociale, pour le logement, sont insuffisant pour répondre aux besoins de la population, des sommes considérables sont dépensées pour installer des caméras qui nous surveillent. Est bien raisonnable ?

    Est ce bien raisonnable, est ce bien sérieux, alors que des institutions comme la Cours des comptes, la Commission Nationales Consultative des Droits de l’homme, des études universitaires, argumentent sérieusement sur l’inefficacité des caméras dans les rues et leur dangers pour nos liberté publiques.

    Le raisonnable, on le voit bien, n’est pas dans la multiplication des caméras qui nous surveillent.

    Il est dans la réponse aux vrais besoins de la population et pour ne citer que quelques sujets , l’accès aux soins, l’hôpital, le logement, l’éducation, la culture, la vie associative.

  • S’outiller contre les idées d’extrême droite: un livret disponible ici en téléchargement

    à utiliser, reproduire, diffuser.

    Ce livret est le fruit du travail du collectif Nantais pour les droits et libertés