Vidéosurveillance des collèges : c’est non !

La LDH avec les syndicats d’enseignants, CGT, CFDT, FO, FSU, Sud, et l’association de parents d’élèves FCPE, engagent ensemble l’action contre l’installation de caméras dans les collèges. Cette action est ouverte à tous ceux qui veulent nous rejoindre.

Alors, si vous aussi vous ne voulez pas vivre sous surveillance, vous pouvez agir.

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Caméras à l’entrée des collèges : la jeunesse sous surveillance

Le Président du conseil départemental de la Mayenne, Olivier RICHEFOU, a annoncé dans la presse locale son intention d’installer des caméras de vidéo surveillance à toutes les entrées des collèges publics, soit 128 au total.

Une telle décision mérite de s’y attarder tant au niveau du fond que sur la forme.

En effet, en dépit de son déploiement massif ces dernières années, la vidéosurveillance suscite de nombreuses critiques.

Comme l’a rappelé le « guide méthodologique de vidéoprotection » du ministère de l’intérieur, les systèmes de vidéosurveillance, « dans le soucis de concrétiser la sûreté en sécurisant la liberté d’aller et venir » risquent – si des précautions ne sont pas prises- « de porter une atteinte excessive au respect de la vie privée ».

En conséquence, indiquait la Cour Des Comptes « la décision d’autoriser l’implantation d’un tel dispositif doit résulter d’une appréciation de la proportionnalité entre la réduction de l’insécurité et l’augmentation du risque d’atteinte à la vie privée résultant de chaque dispositif. »

Droit à la vie privée, liberté d’aller et venir, protection des données personnelles….la vidéosurveillance constitue donc bien une atteinte aux libertés publiques, qu’il faut strictement encadrer.

Devant cet état de fait, la cour européenne des droits de l’homme émet des garde fous, et considère ainsi que tout dispositif de surveillance doit être à la fois nécessaire et strictement proportionné au but poursuivi.

Concernant le but poursuivi, aux dires même du président RICHEFOU, je cite : « il n’y a pas d’élément déclencheur ou de problème de sécurité… ».

La nécessité n’est donc pas, dans le cas présent, clairement reconnu par le décideur lui-même.

De plus, la notion de « strictement proportionné » s’avère ici erronées.

Autant on peut considérer qu’il peut y avoir des difficultés aux abords d’un collège précis…mais cet état de fait ne peut à lui seul justifier un déploiement de caméras sur l’ensemble du département…la réponse du conseil départemental, pour peu qu’elle soit justifiée, (ce qui reste à prouver) apparaît donc bien disproportionné.

En effet, sur quelles données quantifiables s’appuie la décision du conseil départemental ? Quelles études démontrent que l’insécurité aux abords des collèges en Mayenne est en augmentation telle, qu’elle exige de « bunkériser » les lieux d’apprentissage et d’accueil de la jeunesse?

Force set de constater que ces nouvelles techniques sont mises en œuvre avant toute analyse scientifique, sans aucune évaluation à priori de la proportionnalité entre les exigences de sécurité (réelles , supposées ou suscitées) et la protection des données personnelles et de la vie privée ( reconnaissance faciale, interconnexions des fichiers d’images entre différents opérateurs etc…)

A noter, que nationalement, les études scientifiques récentes concluent unanimement à l’inefficacité généralisée de la vidéosurveillance.Dès 2020, la Cour des Comptes relevait ainsi l’absence de toute corrélation entre la présence de caméras de surveillance et le niveau de la délinquance, ou encore le taux d’élucidation.

Sur la forme enfin :

Sur un sujet tel la vidéosurveillance qui impacte le quotidien de chacun, il est étonnant de constater que le président du conseil départemental n’ait à aucun moment,( à notre connaissance) engager une réflexion avec les premiers concernés que sont les professionnels qui œuvrent dans les collèges via leurs organisations syndicales représentatives, ainsi que les associations de parents d’élèves.

De plus ,sur un tel sujet de la sécurité des collégiens, la réflexion et la réponse n’appartient-elle pas en premier lieu au conseil d’établissement ?

En niant les corps intermédiaires – éléments structurels de la démocratie-,

En voulant imposer sans discernement la vidéosurveillance sur l’ensemble du département,

En ne tenant pas compte de la proportionnalité dans la mise en place de tels dispositifs,

Le Président du conseil départemental , Olivier RICHEFOU , joue le tout sécuritaire au détriment du pédagogique et de la prévention des incivilités.

Ces orientations ont pourtant un coût payer par les contribuable : 450 000 € prévu pour le déploiement des caméras, sans compter les coûts de fonctionnement par la suite (visionnage, analyse des images, entretien du matériel…)

Faut-il déceler au travers de cette décision une approche purement politicienne en période pré-électorale ? La réponse est sans doute dans la question.

Aujourd’hui vous allez revenir sur le sujet des caméras

avec un question : Vidéo protection ou vidéo surveillance ?

Vidéo protection et vidéosurveillance ? Quelle différence ? Pourquoi ces deux mots ?

Des candidats aux élection municipales font des promesses de vidéoprotection.

Alors pourquoi ces deux mots et quelle est leur origine et leur signification ?

Avant 2012 le seul mot qui était utilisé était le mot vidéo surveillance.

En 2012, une loi est votée pour augmenter le nombre de caméras dans les rues, dans l’espace public.

C’est alors que le mot vidéo protection arrive dans le langage et dans la loi.

En effet pour vendre la mise en place de caméras dans les rues, le mot protection est choisi car il est plus sécurisant, il est plus positif que le mot surveillance, parce que la population est souvent réticente à l’installation de caméras.

Donc, vidéosurveillance et vidéoprotection c’est bien la même chose, ce sont des caméras qui surveillent, qui enregistrent.

Vous dites : des caméras qui nous surveillent ?

A quoi servent ces cameras ? Ces caméras apportent elle de la sécurité ? Est ce qu’elles nous protègent ?
Elles n’empêchent ni les agressions, ni les vols, ni les violences.
Elles regardent.
Elles enregistrent.

Et pour parler d’un drame récent, elles n’empêchent pas un agresseur de rentrer avec un couteau dans un collège.

Oui mais, nous dit on, elle peuvent servir pour les enquêtes policières.

Pour savoir si c’est utile pour résoudre les crimes et délits, il faut se tourner vers des études sérieuses.

Une étude de la gendarmerie, elle même, nous dit que c’est utile dans 1,5 % des cas, 1,5 %.

Donc ce n’est pas efficace .

Pas efficacité pour la sécurité mais bel et bien une surveillance , suivi des déplacements.
Contrôle des allées et venues.

La gendarmerie recommande d’en installer aux entrées et sorties des villes.
Pour savoir qui entre. Qui sort. Quand. Par où.

Les caméras enregistrent les numéros de plaque d’immatriculation des véhicules.

Et nos libertés dans tous ça, qu’en est il ?

Les caméras, ce n’est pas de la sécurité.
Et c’est inquiétant pour nos libertés.

On nous répond souvent :
« Si vous n’avez rien à cacher, vous n’avez rien à craindre ».

Mais qui peut dire qu’il n’a rien à cacher ?
Nos déplacements. Nos rencontres. Nos habitudes. Nos trajets. Nos horaires. Notre vie.

La liberté d’aller et venir est un droit fondamental.
Un droit essentiel.
Un droit qui ne se surveille pas.

Une société où chacun est observé en permanence
n’est pas une société plus sûre.
C’est une société plus obéissante.

Et ce n’est pas un hasard.
Les caméras sont un outil central des régimes autoritaires. Chine. Iran. Russie.

Surveiller pour contrôler.

Quel est le coût de ces installations ?

Les caméras, ça coûte cher.

La cours de comptes estime le coût d’une caméra à 10 000 €. L’exploitation et l’entretien coûte cher.

Alors que les budgets de santé, d’éducation, de sécurité sociale, pour le logement, sont insuffisant pour répondre aux besoins de la population, des sommes considérables sont dépensées pour installer des caméras qui nous surveillent. Est bien raisonnable ?

Est ce bien raisonnable, est ce bien sérieux, alors que des institutions comme la Cours des comptes, la Commission Nationales Consultative des Droits de l’homme, des études universitaires, argumentent sérieusement sur l’inefficacité des caméras dans les rues et leur dangers pour nos liberté publiques.

Le raisonnable, on le voit bien, n’est pas dans la multiplication des caméras qui nous surveillent.

Il est dans la réponse aux vrais besoins de la population et pour ne citer que quelques sujets , l’accès aux soins, l’hôpital, le logement, l’éducation, la culture, la vie associative.


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